Notre vision de l’horlogerie

Les propos qui vont suivre n’engagent que ma personne. Vous pouvez être d’accord comme en désaccord, je vous laisse exprimer votre opinion en commentaires. Maintenant que cela est dit, rentrons dans le vif du sujet.

Je vais tenter de vous emmener à bord d’une réflexion sur l’horlogerie. Elle se veut percutante pour vous pousser à analyser cette industrie.

Baudouin van Es
Baudouin van Es, Co-fondateur et rédacteur en chef de Tourbillon Watch

Les trois niveaux d’intérêt en horlogerie

Je parle de niveaux, car ce qui les composent nous fait écho ou non. Je m’explique.

Lorsqu’on va regarder une pièce d’horlogerie, trois éléments peuvent venir susciter notre intérêt. Il y a tout d’abord le mécanisme, puis l’affichage de l’heure et enfin il y a l’histoire que cette pièce concentre.

Personnellement, l’histoire d’un modèle et son cadran me parlent plus que le mécanisme.  C’est peut-être pour cette raison que les créations des indépendants me plaisent particulièrement.

horlogerie mécanique

Le mécanisme, une fausse recherche de la précision

Nous sommes tous bien d’accord pour dire que nos montres ne sont pas nécessaires. À l’heure à laquelle j’écris ces lignes, je n’en porte même pas une. Il est fort probable que vous regardiez plus souvent l’heure sur votre portable que sur votre montre ? Et pourtant on continue d’en porter et d’en acheter.

La montre peut être deux choses distinctes tout comme ces deux choses à la fois.

  • Elle est un outil de la mesure du temps. Sa précision est donc ce qui va guider sa continuelle amélioration. Le mouvement mécanique étant moins précis qu’un mouvement à quartz ou un mouvement atomique, il devra être délaissé. Ce qui doit donc occuper les ingénieurs, c’est la recherche de la miniaturisation d’une horloge atomique afin qu’elle mute vers une montre-bracelet.
  • Elle est un accessoire de mode. Dans cette configuration, la recherche de la précision est mise de côté en faveur de son apparence. Diamants baguettes, guillochage, perlage et poli miroir font donc leur entrée sur scène. Majoritairement dénués de but utile au fonctionnement, ils contribuent à l’expression d’une personnalité et de la maîtrise d’un savoir-faire.

 

À ce stade de la réflexion, quand on regarde ce qui se fait de manière générale en horlogerie, on découvre qu’il n’y a plus d’innovation. Le développement technique fait naître de nouveaux matériaux, mais aucune innovation ne vient faire évoluer ce que la montre est.

Si la technologie évolue d’années en années en faisant naître de nouveaux produits avec toujours plus de fonctionnalités, l’horlogerie quant à elle stagne.

Mais doit-elle évoluer ?

La lecture de l'heure

La lecture de l’heure

Le cadran est la partie émergente de l’iceberg qui permet à l’œil de lire l’information. Je pense qu’il ne peut se limiter qu’à cette fonction. Il doit nous permettre de nous évader. Empreint de poésie, il doit capter l’œil pour nous faire voyager.

Mais où ça ?

Au sein même de l’histoire qui te relit à la montre. Arrête de lire ces lignes et plonge ton regard sur le cadran de ta montre pour y entamer un voyage dans ton passé.

L’histoire des modèles

Les grands acteurs de l’horlogerie proposent généralement des rééditions de modèles qui ont contribué à leur renommée. Si nous avions le pouvoir de ramener à la vie Breguet, Audemars, Vacheron, Piguet, Constantin, Wilsdorf et qu’ils voyaient ce qui se fait dans leurs maisons, pensez-vous qu’ils en seraient heureux ?

Toutes ces grandes marques sont reconnaissables par leur style ? Mais est-ce que leurs nouveaux modèles viennent faire honneur à leurs créateurs en concentrant en leur sein l’âme de leur maître ? Que feraient ces hommes aujourd’hui ? À cette question je n’ai de réponse, mais je vous partage mon interrogation. Le 20e siècle a été le temps des grandes premières. Qu’en est-il du 21e siècle ?

Maintenant que je vous ai partagé ce début de réflexion et mes nombreuses interrogations, je vous invite à me partager votre avis et qui sait, nous la ferons surement avancer !

2 réponses

  1. Cher monsieur,

    Je vous remercie pour cette réflexion intéressante.
    Permettez-moi, cependant de vous apporter la contradiction afin qu’elle évolue où se fortifie.

    Vous dites que la montre n’est pas nécessaire, je vous l’accorde mais le smartphone est-il nécessaire ? Ne peut-on pas choisir d’utiliser un fixe, d’acheter un GPS ou de lire une carte et de consulter internet sur un PC ?
    Le choix de porter une montre peut-être motiver par le fait qu’il est plus simple de connaître l’heure par un simple mouvement du poignet plutôt quand sortant son smartphone de sa poche ou bien de ne pas avoir à changer sa pile de montre quand celle-ci nous lache au milieu de la journée.
    Au fond peu de choses nous sont indispensables à la vie, mais nous faisons des choix qui nous la simplifie. Les possibilités sont multiples.
    Il faut bien l’avouer, le mouvement mécanique est le moins précis, mais l’horlogerie ne peut-elle être aussi considérée comme un art mécanique qui tend à perfectionner au maximum son domaine propre : la mécanique ?

    La montre est un accessoire de mode, une montre peut aussi être une œuvre d’art que l’on a la chance d’emporter partout avec soi.

    “Nani gigantum humérus insidentes”, nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants. Voilà pourquoi dans toutes nos créations humaines nous trouvons la marque de ceux qui nous ont précédé.
    Dire qu’il n’y a plus d’innovations me paraît exagéré, elles sont moins nombreuses et moins révolutionnaire et c’est bien normal, car plus on progresse plus on se rapproche des limites de la technique.
    Cependant l’innovation existe toujours, j’en veux pour preuve l’échappement constant de Girard Perregaux.
    La montre mécanique a toujours sont utilité matériel mais plus encore, étant un objet où la technique côtoie l’art, elle touche aussi la plus belle partie de notre être : l’âme, qu’elle émerveille par sa beauté miniature. Sommes-nous seulement un corps qui utilise la matière pour ses besoins ou n’avons nous pas également une âme que le beau nourrit ?

    1. Cher Mikaël,
      Je vous remercie d’apporter votre point de vue sur ce sujet.
      Mon objectif avec cet article était d’apporter une réflexion sur l’horlogerie et en susciter une à ceux qui me lisent.
      Au vu de votre commentaire, je pense que je l’ai atteint et le choix d’un vocabulaire que vous qualifiez d’exagéré s’insère dans cette optique de réflexion.

      Concernant l’échappement développé par Girard Perregaux que vous citez, ce n’est pour moi pas une innovation mais simplement une avancée technique. L’usage de la montre n’en est pas pour autant amélioré ni modifié. Cependant, cette remarque est tout à fais personnelle et je concède que vous ne la partagiez pas.
      Par contre, je suis d’accord avec vous sur la qualité d’émerveillement que la montre nous procure !

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