A la rencontre des exposants de Time to th Future

Time to Watches a été pour nous l’occasion d’aller à la rencontre d’une nouvelle génération d’indépendants.

Grâce à l’initiative de Marc-Christian Perronnet l’espace Time to the Future a pu voir le jour. Un espace regroupant neuf indépendants. Neuf marques touchant différent aspects de l’horlogerie. De l’émail à l’accessoire, en passant par la montre, nous sommes allés à leur rencontre pour comprendre pourquoi ils sont devenus indépendants.

Le produit n’est qu’une partie de l’iceberg, le reste est une gigantesque aventure humaine. Pourquoi se sont-ils embarqués dans cette aventure ?

Le contact avec le produit, un moment de fierté pour ces créateurs

Les échanges de regard sont joyeux, embrassades et serrages de mains scellent le début du salon. Simplement installés, ils ont pris l’essentiel. Certain n’ont qu’un prototype à présenter pendant que d’autres disposent comme ils le peuvent ce qu’ils ont apporté.

Bien loin du faste de Watches and Wonders, une petite table ronde et quelques chaises facilitent le contact. Lorsque Bastien de Lundis Bleus expose ses pièces, nous sommes obligés d’aller lui parler tant nous sommes comme aspirés par la beauté de ses produits. Ses cadrans captivent notre regard.

Mais il en va de même pour Kauri, Skill, Khemea, pour Rogé Bastide etc… Ils sont fiers et heureux d’exposer le produit de leurs mains. Sans elles, ils n’auraient pas vu le jour. Sans cette persévérance dans les épreuves et sans cet apprentissage journalier, rien n’aurait été possible. Et pourtant, malgré tout ce travail et tous ces sacrifices, ils restent humbles. Cela force l’admiration. Ils ne sont pas là pour se vendre, mais pour présenter à qui le veut leurs créations.

Tu t’approches, ton regard se pose, puis tu te rapproches. Tes yeux passent de détail en détail. Puis tu ne résistes plus, ton regard se lève enfin pour capter celui de l’auteur de ces merveilles. Tel un enfant bien élevé, tu demandes permission : « puis-je la manipuler ? »

Comme surpris par le fait que quelqu’un s’intéresse à son travail, son autorisation fuse et s’accompagne d’explications. Délicatement ton regard capte tous les détails. Mais si tu t’arrêtes et que tu regardes l’auteur du coin de l’œil, tu vois scintiller dans ses yeux ce mélange de fierté et de passion.

Vanessa Lecci Atelier
Vanessa Lecci
Bastien Vuilliomenet Lundis bleus
Bastien Vuilliomenet
Romain Rogé et Stéphan Bastide Rogé Bastide
Romain Rogé et Stéphan Bastide
Bernard Van Ormelingen Bernies
Bernard Van Ormelingen
Shona Taine Khemea
Shona Taine
Samuel Gillioz Kauri
Samuel Gillioz
Philippe Narbel & Co
Philippe Narbel
Olivier Mory Skill
Olivier Mory
Clément Cuq et Raphy Fathi Timenest
Clément Cuq et Raphy Fathi

Passion qui l’anime quotidiennement. Sans elle, les journées seraient interminables et trop fastidieuses pour être supportées. La technique s’apprend et les erreurs se corrigent, mais la passion te tombe dessus sans crier gare.

Le produit nous pourrons le prendre en main plus tard. L’opportunité est trop belle pour ne pas être saisie. Tâchons de comprendre leurs motivations pour que notre perception du produit soit pleine et entière. Ces créateurs ne voient pas une montre, ils voient des heures de travail, des challenges relevés, des erreurs corrigées. Et tout ça, ils l’ont voulu. Ils n’ont pas été obligés par un quelconque supérieur.

Devenir indépendant, c’est accepter l’incertitude pour embrasser un certain déconfort mais dont il résulte un plaisir immense quand le fruit du travail voit le jour. Bastien résume cela à merveille : « j’ai appris qu’en divisant mon salaire par deux ou trois, j’arrivais à être beaucoup plus heureux. »

Un saut dans l’inconnu

En leur demandant pourquoi ils sont devenus indépendants, voici ce dont ils nous ont répondu :

« Je n’ai jamais trouvé le travail de mes rêves, car j’aime tout dans l’horlogerie. » Skill

« J’avais vraiment envie d’évoluer dans mes compétences et proposer des montres différentes de celles qu’on a l’habitude de voir. »  Kauri

« J’avais envie de regrouper différents savoir et mettre ma petite pierre à l’édifice de la création horlogère. »  Lundis Bleus

« Ce qui m’a poussé à être indépendante, c’est beaucoup d’idées dans la tête. Moi je voulais faire de la conception et du design et de l’usinage et de l’assemblage et de la prototypie et de la décoration. »  Khemea

« J’ai toujours voulu créer quelque chose, véhiculer quelque chose. »  Rogé Bastide

Nous pourrions aussi citer Bernies, Narbel & Co, My Way Watch ou encore Timenest, mais ce ne serait que répéter ce que les autres ont déjà dit.

Tu le vois le point commun ? Certains se connaissaient déjà alors que d’autres se sont découvert pendant le salon, et pourtant ils ont tous un point commun. A un moment de leur vie, ils ont décidé qu’ils voulaient plus. « On passe un temps considérable au travail, alors autant faire quelque chose qui nous plait » dixit un des fondateurs de Rogé Bastide.

Alors oui, ce n’est pas facile tous les jours, mais cette difficulté fait partie du travail qu’ils ont choisi. Car oui, ils ne font pas que des montres ou des accessoires, ils réalisent un projet et ce projet, tout comme cette façon de penser et de faire, aura un impact sur l’horlogerie de demain. Si tu veux découvrir ce qu’ils préparent, je te laisse voir ce qu’ils ont envie de réaliser.

Tu comprends maintenant un peu mieux ce regard plein de fierté et de bonheur. En prenant en main et en s’intéressant à leur produit, ils sont heureux de voir que tout leur travail et toutes les épreuves n’ont pas été vaines. C’est cette émotion qu’ils te partagent.

« Ce dont je suis le plus fier c’est quand les gens me disent que les pièces sont plus belles en vrai que ce qu’ils imaginaient » dixit Bastien.

« Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir vendu une montre dans laquelle j’ai mis une bonne partie de ma personne et de voir les étincelles dans les yeux de l’acquéreur » dixit Samuel.

« Ce dont je suis le plus fière, c’est que ça fait deux ans que je vis de ma passion » dixit Shona.

« Ce dont nous sommes les plus fier c’est de gagner notre propre argent et d’être acteur de nos vies » dixit Stéphan et Romain.

« Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir parrainé une section de DN Made à l’école d’horlogerie qui m’a formé » dixit Olivier.

« Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir eu la volonté de travailler dans quelque chose qui me passionne » dixit Raphy.

Alors longue vie à l’horlogerie et toutes nos félicitations à ces acteurs d’une industrie qui nous tient tant à cœur.

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